le Grand Absent Roger Federer - TCKMAROC

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le Grand Absent Roger Federer

Cela fait plus de deux mois que Roger Federer a annoncé qu’il ne viendrait pas, cette année encore, défendre ses chances à Roland-Garros. Ses plus fidèles supporters comprennent sa décision, mais leur frustration est évidente. On est allé le vérifier.

 

 

Pour la beauté du récit, on aurait aimé dire que l’ombre de Roger Federer plane cette semaine au-dessus Roland-Garros,

que ses adeptes sont aussi nombreux dans les allées du site que les coups de soleil sur la nuque des spectateurs du court n°18,

et que les casquettes frappées du sigle «RF» se remarquent autant que les k-way orange lors des fins d’après-midi orageuses.

Mais quand on aperçoit enfin le célèbre couvre-chef, en-dessous, on trouve Charlotte, 19 ans… qui ignorait royalement que le

Suisse n’était pas à Paris cette année. «C’est mon frère qui m’a donné la casquette, s’excuse-t-elle presque. Je viens ici pour

l’ambiance et les joueurs français. A vrai dire, ça ne change pas grand-chose pour moi qu’il ne soit pas là…»

Il n’a «aucune chance» à Roland

Le public français aurait-il donc déjà pleinement intégré le fait que Federer, qui pour la seconde année de suite a zappé la

saison sur terre, ne rejouera sans doute jamais en France ? «Je suis joueuse de tennis et je comprends son choix, souffle

Céline, 45 ans. Il a besoin de se préserver, et sur terre battue, les matches sont souvent plus longs.»«Il est trop vieux

maintenant : il sait qu’il n’a aucune chance sur terre, et préfère maximiser toutes ses chances sur les autres surfaces,

confirme Fabrice, 44 ans, qui a transmis sa passion du beau tennis à sa fille Eva. Malheureusement, je n’ai jamais eu la

chance de le voir ici, à Paris. Mais si ça peut lui permettre de jouer un peu plus longtemps…»

«Il manque un petit quelque chose»

D’autres sont un peu plus vindicatifs : à 22 ans, Matthieu, habitant de la capitale, reconnaît que son absence est «frustrante».

«Vu qu’à Bercy il ne se pointe pas non plus (le tournoi suisse de Bâle a lieu la semaine d’avant), Roland, c’est vraiment la seule

occasion que j’ai de le voir, regrette cet étudiant en histoire. Et je n’ai pas assez d’argent pour aller à l’autre bout du monde !»

Benoît, la trentaine, avait lui pris ses places en sachant que son «joueur préféré, et de loin» ne serait pas là : «Il manque un petit

quelque chose, c’est sûr, et je pense que de nombreux fans de tennis ressentent la même chose que moi. C’est comme ça,

il faut se contenter de l’admirer à la télé.»

La solution : admirer «ses héritiers»

Pour les fans français de la première heure, la solution de repli est de visiter les courts où s’époumonent des joueurs qui se

placent dans la filiation de leur idole. «On va voir ses héritiers : Dimitrov et Thiem, sourit Fabrice. Et puis Nadal, parce que

même si on est fans de Federer, c’est une rivalité saine. J’apprécie voir des  »vieux » encore faire la leçon aux jeunes. Il y a une

vingtaine d’année, Lendl, au même âge, avait déjà pris sa retraite.»

Céline, qui s’estime privilégiée d’avoir pu observer le maître «à l’échauffement il y a trois ans», l’année de son dernier Roland,

essaye elle aussi de positiver. «Il augmente ses chances pour la suite de la saison en ne venant pas ici : il a intérêt à gagner

Wimbledon (rires) ! L’année prochaine aussi, c’est peu probable qu’il vienne. Et s’il revient dans le cadre d’une tournée d’adieu,

ça ne sera pas bon signe, parce que ça veut dire qu’il finira sa carrière.» Et ça, personne ne s’y est encore vraiment préparé.

G. Sc. avec L.A., à Roland-Garros
de l’équipe

 

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